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Quatre étudiants de Master 2 ont participé au jury Prix Jeunes Journalistes IJBA du 20ème Festival International du Film d’Histoire de  Pessac.  Le prix du film d’Histoire, catégorie Documentaire,  a été remis à :

L’important, c’est de rester vivant
de Roshane SAIDNATTAR

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Le débat numérique - édition 4 - "Pourquoi apprendre quand Google le sait ? La mémoire court-circuitée?" PDF Imprimer Envoyer
Index de l'article
Le débat numérique - édition 4 - "Pourquoi apprendre quand Google le sait ? La mémoire court-circuitée?"
Les enseignements du débat
Bibliographie
Toutes les pages
Avec:
-
Hervé Morin, journaliste au Monde
-
Benoit Le Blanc, directeur adjoint de l'Institut de Cognitique (Université de Bordeaux), président de la société savante française de sciences cognitives (ARCo).

 

 

Quand tout le savoir du monde sera accessible sur le Net, notre cerveau n’aura plus guère l’occasion de faire travailler ses capacités d’apprentissage. L’amnésie guette-t-elle l’espèce humaine ? Pourquoi se donner la peine d’apprendre quand tout est disponible à la vitesse de la lumière ?



« Voici, ô roi – dit Toth l’inventeur de l'écriture –, une connaissance qui aura pour effet de rendre les Egyptiens plus instruits et plus capables de se remémorer [...] » Et le roi de répliquer : « [...] cette connaissance aura pour effet, chez ceux qui l'auront acquise, de rendre leurs âmes oublieuses, parce qu'ils cesseront d'exercer leur mémoire : mettant en effet leur confiance à l'écrit, c'est du dehors et non du dedans et grâce à eux-mêmes, qu'ils se remémoreront les choses ».


image du débat
Le débat n'est donc pas nouveau : dans cet extrait de Phèdre, Platon s'interrogeait déjà sur le rôle des évolutions techniques, comme l'écriture, sur notre manière d'apprendre et d'appréhender le monde. Notre mémoire « interne » serait menacée par une mémoire « externe », aujourd'hui matérialisée par le numérique. Et cette nouvelle culture inquiète, ou tout du moins interroge les experts en cognitique. L'irruption du web et des technologies de stockage de données dans notre quotidien modifie notre rapport à la connaissance. GPS, bibliothèques en ligne, hypertextes et forêt de liens internet, tous semblent participer à une réduction de nos facultés de mémorisation, qu'elle soit celle des souvenirs, ou celle scolaire du par cœur. Recourir au web nous rend moins autonomes. La connaissance est à portée de clics. Les objets deviennent nos cerveaux satellites et collectifs. Les données se stockent aisément sur les moteurs de recherche et les disques durs. Et les scientifiques s'interrogent sur la fiabilité de ces supports de stockage. La mémoire est-elle vraiment menacée ? Quels impacts la culture numérique a-t-elle sur l'apprentissage ? Le débat de ce soir permettra d'aborder ensemble ces problématiques. Avec nous pour en parler Hervé Morin, journaliste au Monde, et Benoit Le Blanc, directeur adjoint de l'Institut de Cognitique de Bordeaux 2. Mais avant cela, courts extraits d'interviews réalisées par les étudiants de l'IJBA.



La rencontre a eu lieu de 18h30 à 20h00 sur le plateau de l’IJBA.

Introduction au débat

 



Les effets du numérique sur le cerveau part1Les effets du numérique sur le cerveau part2
 


Internet et l'apprentissage
L'externalisation de la mémoire



Compléments audio:

Il y a ceux qui ont appris, ceux pour qui le débat a rempli ses ambitions, et puis ceux pour qui le débat continu :





Les enseignements du débat:


La salle était comble ce mardi soir. Les membres du public n’avaient pas cherché la réponse au débat sur le net !

Ou peut-être étaient-ils de ceux à qui les nouvelles technologies font peur. Et pour cause ! Au cours de ce débat, nous avons appris que depuis l’explosion du net, les gens ne seraient plus capables d’avoir une activité cérébrale profonde. Le cerveau serait surchargé, perdant ainsi le sens des priorités. La mémoire ne nous appartiendrait plus. Désormais, nous la confions à un objet extérieur. Qui sait ? D’ici peu, nous aurons peut-être des puces numériques au bout des doigts.

afficheMais pour le moment, tout cela reste de la science fiction. Aujourd’hui, le net doit être considéré comme une source d’information complémentaire aux savoirs déjà acquis. Si l’être humain se montre capable d’établir des connections entre les informations qu’il reçoit et s’il sait les synthétiser, alors il aura une grande capacité de mémorisation. Les informations du net ne doivent donc pas être prises pour argent comptant. Cela diminuerait notre capacité de réflexion.

Le net est donc un outil à utiliser avec parcimonie. Avant tout car une utilisation accrue et sans prise de recul risque de conduire à une uniformisation des connaissances, du fait de l’unicité des sources. Il est aujourd’hui nécessaire d’apprendre à utiliser cet outil. Alors qu’il fallait « apprendre par cœur » il y a encore quelques années, il faut aujourd’hui « apprendre à chercher ». Les méthodes pédagogiques du corps professoral doivent donc être modifiées pour s’adapter aux mutations technologiques.

Le net : un outil à utiliser avec parcimonie pour une autre raison. Comme l’a rappelé un membre du public, originaire du Mont-de-Marsan et qui a subit la tempête du 24 janvier, les nouvelles technologies ne sont pas aptes à résister à tout et notamment pas aux catastrophes naturelles. Tout peut disparaître. Aujourd’hui, les supports numériques restent très fragiles.



Sur l'ensemble du sujet:

- Article de Hubert Guillaud sur l’hypertexte, la culture numérique en lien avec nos capacités d’analyse.
Notre culture numérique transforme-t-elle notre intelligence ? Cliquez ici

- Article de Hervé Morin, paru dans Le Monde le 19 juillet 2008, un muscle pas comme les autres.
Sur l’importance du « par cœur » et des outils mnémotechniques pour préserver la mémoire et sur les modifications de l’apprentissage dues à Internet. Cliquez ici

- Interview de Michel Serres, philosophe et historien, parue dans La Croix le 15 octobre 2006.
Les nouvelles technologies représentent pour l’homme une coupure aussi puissante que celle de l’invention de l’écriture. L’économie des neurones de la mémoire pourrait faciliter une explosion d’inventions. Cliquez ici

- Article paru sur le site de l’Unesco. Il traite de la réduction de nos facultés de mémorisation due aux appareils rapides et à la connexion instantanée, de la puissance du cerveau collectif sur Internet et des futurs changements dans l’apprentissage : il sera désormais nécessaire d’apprendre à gérer nos outils de stockage et non de stocker dans nos têtes.
Internet fait courir le risque d’un desséchement de la pensée imaginative. Cliquez ici

- Article de Jean-Olivier Pain, mémoire humaine et concurrence numérique, paru sur son site le 14 mars 2008 et interview de Francis Eustache. Cliquez ici

- Article d’Emmanuelle Sander. Comment Internet change notre façon de penser ? Cliquez ici



Sur l'externalisation de la mémoire:

Articles francophones
- Quels gardiens pour la mémoire ? Article de Hervé Morin paru dans Le Monde le 20 juillet 2008.
La conservation numérique des informations comporte des risques. Des individus commencent à numériser toutes les archives les concernant. Cliquez-ici

- Sur les dangers des nouveaux outils, article de Christian Vanden Berghen.
Il explique notamment que les supports de mémoire externe se renouvellent et engendrent donc le risque de ne plus pouvoir les lire.
Portail de la Recherche et des technologies en région wallonne : Cliquez-ici

- Sur l’incidence des supports externes de la mémoire sur notre mémoire, article d’Ivan Briscoe, journaliste au Courrier de l’Unesco.
Les outils d’externalisation de la mémoire réduisent nos facultés individuelles. Selon Merlin Donald, il va falloir acquérir de nouvelles compétences pour apprendre à utiliser ces outils. Cliquez-ici

- Are we outsourcing our memory ? Article de Donald Clark.
Pourquoi se souvenir quand tout est en ligne? Les blogs peuvent être des extensions de la mémoire, des archives de la pensée. Cliquez-ici



Sur l'incidence des nouvelles technologies sur le cerveau:

- DUCARD Dominique, De mémoire d’hypertexte, in Communication et langage, n°131, avril 2002, p. 81-91. L’hypertexte engendre une nouvelle pratique de la lecture et modifie donc notre mémoire et nos savoirs.

- Die Daten-Sucht. Article paru dans Der Spiegel le 11 août 2008.
Confrontation de plusieurs théories : le cerveau surchargé de données perd la capacité d’établir des priorités et de régler les problèmes.
La pratique intensive de « multitâches » diminue nos performances cérébrales. Internet est un dépôt d’informations et laisse donc plus de place pour la mémoire.

- Is Google making us stupid ? Article de Nicholas Carr paru dans The Atlantic en juin 2008.
Internet entraîne des difficultés de concentration. Google veut créer une intelligence artificielle.

- Education 2.0 : apprendre par cœur est-il une perte de temps ?
Article de Fabrice Epelboin sur l’évolution de l’apprentissage et sur l’impact de l’exposition à Internet sur nos cerveaux. Cliquez ici

- KURZWEIL Raymond, Humanité 2.0 : la Bible du changement, éd. M21 Eds, 2007 Futurologue américain, il prédit l’avènement d’implants cérébraux permettant d’augmenter la mémoire en 2029 et pense que les ordinateurs auront des capacités supérieures à celles de l’homme en 2020.



Et aussi:

- Le blog de l’Institut de cognitique : Cliquez ici

- CLAVERIE Bernard, Cognitique : science et pratique des relations à la machine à penser.
Sur les relations entre l’homme et la machine informatique. Bernard Claverie est Directeur de l’Institut de Cognitique et spécialiste des facteurs humains et des usages cognitifs des technologies

- Emission de Canal Académie, radio sur Internet de l’Institut de France : « Les pathologies de la mémoire ».
Francis Eustache y explique l’importance de maintenir des capacités cognitives via les activités intellectuelles et les relations socialee. Cliquez ici